vendredi 16 novembre 2007

Le "fluo" à Montpellier? Explications.

Cécile et Elisa - photo Dino
A Montpellier, la vague « fluo » déferle sur la jeunesse, et il est difficile de ne pas la remarquer. Couleurs flashy, baskets de marque et tenues dignes des années 80 sont les mots d’ordre de cette tribu. Le magazine Clark débarque à Montpellier ce vendredi 16 novembre et ça va être de la folie cette soirée : épileptiques s’abstenir ! Parce qu’il va y avoir du technicolor, du fluo et ça va bouger dans tous les sens sur les sons de Gero et Kazey. C’est la Clark Night qui s’exporte dans le Sud, délocalisation des classiques Clark USR, ces soirées où on ne croise que des gens ultralookés et toujours beaux sur les photos. Le magazine Clark, c’est la référence pour dénicher les dernières tendances « ghetto fluo » selon Cécile et Elisa, deux copines qui m’expliquent comment est né le fluo à Montpellier. Tout commence avec les soirées kitsch de la discothèque La Dune. On adopte vite un dress code qui va de pair avec la musique : ringard, inspiré des années 80 et extravagant à souhait. Puis apparaît sur le web, le blog montpelliérain Lunettes France, qui affiche des lunettes de soleil collector aux couleurs flashy : l’accessoire rêvé pour ces jeunes à la recherche de délires vestimentaires. « Lunettes France c’est le truc qui a fait que… », me dit Cécile. Le truc qui a fait quoi ? « Ben le truc qui a propagé le délire fluo et qui a motivé les troupes, car ces lunettes étaient dures à trouver au début ». C’était une façon de créer le buzz, de les rendre difficiles d’accès, et c’est ce qui plaît aux fluos, dénicher le truc rare. L’homme qui joue aussi un rôle important dans cette épopée du fluo à Montpellier, c’est DJ Raziek. Fan de booty bass, Raziek organise les premiers « podfights » dans la ville. Entendez par là des battles de sons à coup de i-pods. Des équipes font une sélection préalable de morceaux gratinés ou dansants à souhait et ensuite elles s’affrontent deux par deux, le but étant de soulever la foule. L’équipe qui récolte le plus de décibels à l’applaudimètre gagne. Ces soirées sont l’occasion de sortir ses plus belles tenues fluo. Mais c’est surtout cet été, comme me le disent Cécile et Elisa que l’on passe aux choses sérieuses : cette période est propice au « lâchage » en termes de fringues et de couleurs. C’est là qu’on voit débarquer les deux copines respectivement en pantalon zèbre et léopard, assorti de t-shirts flashy. Ca crée son effet en ville et les gens qu’elles croisent rient et croient à un déguisement. Ces mêmes gens qui aujourd’hui achètent en secret sur les sites Internet leurs premières paires de Stab et leur veste American Apparel couleur kelly green. « Nous c’était vraiment pour rigoler qu’on sortait comme ça. Aujourdh’ui on se calme un peu… » Même si elles ont aux pieds de belles paires de Nike colorées, le reste est plutôt sobre mais quand même stylé. Les plus vieux des fluos ont 22 ans me confient les filles. A vérifier, car ça rajeunit d’arborer des tenues flashy, et certains doivent en profiter…Le rôle qu’a joué myspace dans cet engouement est fondamental. Tout le monde s’y retrouve et se montre ses dernières acquisitions, car le but c’est de dénicher LA basket collector qui va faire baver d’envie tous les autres. Futile me direz-vous. Mais c’est pareil que les images panini ! Sauf que là, c’est plus gros et ça coûte plus cher tout de même. Il faut avoir les moyens de devenir un fluo, ou alors être très astucieux et passer son temps dans les friperies, dépôts-ventes ou chez Emmaüs. Elisa et Cécile me font délirer, et me mettent au pied du mur : « Avoue, tu t’attendais à trouver deux écervelées ? ». Je leur réponds que non, même si je suis agréablement surprise. Ces deux nanas sont « fresh» et me donnent une chouette leçon de style. Elles me font l’effet de la chanson de Cindy Lauper, « Girls just wanna have fun ». Je monte le son, et là je me dis que ça a du bon d’être jeune.