vendredi 7 septembre 2007

Royalties ou Royalcheese?

Photos de Dino Raimond
Photo de Lydie/SIPA - Montage réalisé par Télérama
Les majors s'affolent. De vilains pirates pillent de la musique sur Internet en toute illégalité et en toute gratuité. C'est injuste pour les artistes, mais sont-ils vraiment ceux qui y perdent le plus dans cette histoire? Ne serait-ce pas plutôt les majors qui ont peur pour leurs actions et leurs piscines de dollars? Elles parlent de royalties pour les artistes. Je dirais plutôt que ce qu'ils touchent sur les ventes d'albums a la valeur d'un royalcheese. A 20 Euros l'album, ils touchent au final des clopinettes. Alors à qui nuit vraiment le téléchargement illégal? En France on prend le problème à coeur. Christine Albanel débarque avec sa baguette magique pour venir à la rescousse du capital de l'industrie de la musique. Elle a confiée une mission à Denis Olivennes, président de la FNAC. Il est chargé de trouver des solutions pour "favoriser la conclusion d'un accord entre tous les professionnels concernés dissuadant le téléchargement de masse et permettant le développement d'une offre légale attractive." Qu'entend-elle par attractive? Un royalcheese offert pour l'achat d'un album sur le net à 9,99 Euros? Pour un album acheté, un album offert? On en revient à l'éternel débat: la musique n'est pas une marchandise. Pourtant, je lis sur un site journalistique que Christine Albanel se félicite des offres commerciales telles que celle proposée par Neuf Cegetel: il s'agirait d'inclure dans le pack téléphonie/connexion internet/télé une quatrième offre à savoir pouvoir télécharger tant qu'on veut de la musique du catalogue Vivendi Universal. Comme si cette major en avait besoin... Le débat se trompe de victime. On ne plaint pas les artistes. Ce sont pourtant eux les premiers concernés. J'aimerais connaître leur point de vue, savoir ce qu'ils ont à dire sur la question du téléchargement. Pourquoi la Ministre de la Culture ne les fait pas intervenir dans le débat? Le Président de le FNAC s'y retrouve. Il doit sauver son commerce, et tout le monde sait que les temps sont durs pour les PME/PMI en France actuellement. Vous ne trouvez pas ça drôle, vous, que des vautours parlent de piratage et s'en offusquent? Ah il est loin l'âge d'or du "crate digging" (l'art d'accumuler de la poussière millésimé provenant des bacs de disque sous ses ongles, dixit rebellyon.info - je trouve cette traduction très poétique). Les petits magasins de disque meurent petit à petit, asphyxiés. Lorsque la FNAC s'est implantée un peu partout, aucune mission n'a été confiée à qui que ce soit pour sauver le sort des petits disquaires. 2007: cette année marque un tournant: quelque soit le domaine on ne protège plus les plus vulnérables, ceux qui sont sur le fil du rasoir. Ceux que l'on préserve, ce sont les "gros", ceux qui pèsent. Nous aimons la musique. A nous d'organiser la résistance.